Extraits :
« On dit souvent plus tard, mais nous ne vieillissons pas toujours.
On dit souvent combien on tient à ce qui nous retient, mais cela ne peut suffire à ne pas nous glisser des mains.
On dit que le temps perdu ne se rattrape plus, mais que fait-on du temps qui reste ?
Après les tristes, comment ne plus faire et faire encore et faire avec et sans, tout à la fois ?
[…]
Quand Ovide écrit les Tristes entre l’an 9 et l’an 12 de notre ère, il est exilé à Tomis sur les rives de la mer Noire et il se souvient avec nostalgie de Rome qu’il a dû quitter. Il évoque dans ces poèmes en forme de lettres sa solitude et sa crainte d’avoir perdu l’inspiration poétique. Les raisons de son exil par Auguste sont mystérieuses ; il mentionne seulement avoir vu quelque chose qu’il n’aurait pas dû voir.
Que n’aurais-je pas dû voir en face ?
Est-ce encore une question.
[…]
On dit qu’après la pluie vient le soleil, mais sèche-t-il aussi les larmes ?
Après les tristes, il reste à tout faire comme seul on peut faire sans autre choix que faire corps avec ce qui reste de possibilités.
[…]
On doit pardonner aux morts de n’être plus vivants et ne pas regretter de l’être encore.
Après les tristes, j’en suis réduit à être qui je suis.
Mais ne pouvons-nous pas aussi être augmentés de ce qui nous réduit et nous conduit à quitter notre armure.
Après les tristes, que reste-t-il de qui l’on est de qui l’on était ?
[…]
Ce n’est pas un tombeau, encore moins un mémorial ou un caveau. Ce sont des mots à l’encre noire comme la cendre que j’ai dispersé sur l’île où tout a commencé pour que cela devienne un paysage.
Après les tristes, on ne va pas sur la tombe qui n’existe pas pour se souvenir ou pleurer, on l’emménage à l’intérieur comme un cercle de croissance en supplément de soi et on continue la traversée. »
Livre dédié à tous les vivants qui ont fait, qui font ou qui feront un jour la traversée.
Dispositif poétique en textes et en images (dessins et collages) :
- À la recherche de New York : série de 20 dessins-collages analogiques sur papier Canson, photographie, pastel à l'écu, pastel à l'huile, encre de Chine, crayon-mine, encre sur dépliant de l'exposition Mapping New York shoreline 1609-2009 (The New York Public Library), texte original au feutre sur papier bistre, 29,7 x 42 cm, 2024.
- Après les tristes (New York) : série de 4 dessins sur papier, gouache, acrylique, pastel à l’huile, pastel à l’écu, mine graphite, pierre noire, 29,7 x 42 cm, 2025.
- Après les tristes (Tomis) : série de 2 dessins sur papier, gouache, acrylique, pastel à l’huile, pastel à l’écu, mine graphite, crayon de couleur, 29,7 x 42 cm, 2025.
- Après les tristes (Lyon) : série de 3 dessins sur papier, gouache, acrylique, pastel à l’huile, pastel à l’écu, mine graphite, crayon de couleur, 29,7 x 42 cm, 2025.
Imprimé en France (certification environnementale PEFC et Imprim'vert).
21 x 29,7 cm / 108 pages / Papier lisse satin 115 g.
Reliure rembordée (rigide)
Exemplaires signés et numérotés.
Tirage : 30 exemplaires.
Prix : 35 euros
Éditions Maxence P. Flammigère
Éditions d'artistes
editionsmpflammigere@ik.me
© Frédéric Mandon//Boyfred
Dépôt légal : mai 2025
ISBN 978-2-9533370-5-1
Après les tristes - À la recherche de New York (Traversée) / 2025
Couverture du livre :
